L’Histoire de Pécy – RIOBÉ et la Via Agrippa

L’Histoire de Pécy

Pécy a été fréquenté par les hommes dès le paléolithique, des vestiges ayant été trouvés lors de fouilles. Jusqu’en 1285, le village était situé dans une “marche séparante” dans laquelle les habitants dépendaient du puissant Comte de Champagne et du Roi, chacun ayant des droits de justice. Le royaume avait sa frontière ouest qui passait approximativement par Lumigny, Rozoy, Gastins. La frontière occidentale du comté de Champagne était située à l’ouest d’une ancienne voie romaine (actuelle RD 209). Il faudra attendre le mariage de Philippe IV avec Jeanne de Navarre pour que Pécy soit rattaché à la couronne. Cette ancienne voie romaine avait été tracée par Agrippa, gendre de l’empereur Auguste et reliait les villes de Lyon et de Boulogne-sur-Mer. Au cours des années 1980-1990, des fouilles ont mis au jour les fondations d’une “mansio” (gîte d’étape) au lieu-dit Chauffour, en bordure de l’ancienne voie romaine.

 

Histoire de Pécy,  à l’écart de la Via Agrippa, au sud-ouest du site de Chauffour

Riobé – un site a longtemps intrigué les archéologues : mira valla1 ou miraldo2 , un tertre ou une fortification de toute façon admirable, c’est-à-dire Mirvaux…

Histoire de Pécy Quand vous venez du village de Pécy par la rue de Mirvaux, vous pouvez observer à votre droite, dans les champs, juste après l’embranchement de la rue de la Motte, des « boursouflures» assez curieuses dont on ignore l’origine et sur votre gauche quelques arbres. Ils ont poussé à l’emplacement d’une place forte, une motte castrale, entourée d’un fossé qui communique avec un autre fossé plus long qui enserre une prairie, probablement une basse cour.

Il est vrai que le site est intéressant, la vue s’étend très loin, à plusieurs kilomètres, tant vers le nord, que vers le sud, un endroit idéal pour surveiller les allées et venues sur le « Perré », autre nom de la Via Agrippa, et puis, au Moyen-Age, il se situe à la limite entre les diocèses de Sens et de Meaux. Des fouilles effectuées au XIXé siècle par le Docteur Frisson attestent déjà d’une occupation aux époques mérovingiennes et carolingiennes.Histoire de Pécy

L’Histoire de Pécy

A la fin du IXè siècle, début Xè siècle, finies les grandes légions romaines qui venaient soumettre le pays, dans l’ordre et la discipline, avec des moyens importants. Rome est tombée, mais les peuples celtiques qui avaient envahi la Gaule dès l’âge de bronze et s’étaient romanisés avaient appris à travailler les métaux, inventé la charrue à roues, le harnais, le fléau, la herse et la rotation triennale encore en usage au XIXè siècle ce qui permit une notable amélioration des rendements des cultures.

La population augmente alors de façon notable et, avec l’aide des monastères implantés dès le VIIè siècle, des défrichements importants sont entrepris, bien qu’il ait fallu attendre la fin du XIIe siècle pour celui de la région de Rozay .

La richesse s’accroît ainsi qu’un certain calme qui n’empêche pas les rivalités entre les différents peuples qui peuplent la Gaule. Or Pécy se trouvait à la limite entre deux peuples celtes : les Meldes installés au Nord de notre département actuel et les Senonais au Sud, entre la Brie laitière et la Brie Sénonaise, source de nombreuses échauffourées.

Mirvaux se trouve ainsi à une frontière où des bandes peu nombreuses pouvaient donc faire des incursions chez la peuplade voisine pour s’approprier de la nourriture ou même des terres, d’où la nécessité d’avoir un système de défense capable de décourager une offensive courte en attendant la suivante.

Ce système assez simple consistait en une motte artificielle ou non. A Mirvaux, en témoignent les mottes encore présentes aux alentours, elle devait être naturelle, entourée d’un fossé creusé par les habitants des alentours et d’une palissade en bois. C’est la première enceinte que l’on distingue bien sur les photos aériennes. Sur cette motte était construit un fortin en bois à partir duquel on pouvait décourager l’adversaire au moyen de flèches ; les gaulois utilisaient probablement déjà des arbalètes introduites par les romains et dont la portée était de 130 m.

Une deuxième enceinte, bien distincte aussi à Mirvaux, plus vaste (l’ensemble couvre plus d’un hectare) est elle aussi entourée d’un fossé vraisemblablement en eau et, d’après les historiens, reliée à la motte proprement dite par une échelle de bois en deux parties, si bien qu’on pouvait la casser au cas où l’assaillant aurait réussi à franchir la première enceinte. Elle aussi était entourée d’une palissade en bois destinée à décourager les intrus et souvent d’une haie d’épineux, cette partie appelée «basse-cour» abritait les denrées et les activités domestiques nécessaires à la vie des habitants.

Plan d’une Motte castrale

 

C’est juste une partie de ” L’Histoire de Pécy “… à suivre